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Pablo Flaiszman

Un univers si proche et si lointain

Zoom sur les gravures du Prix Miroir de l’Art 2018

Dans le clair-obscur de nos souvenirs se sont cristallisées des images dont il arrive que nous ne puissions retrouver l’origine, ni le sens, des images dont on vient à douter qu’elles restituent des moments de notre existence qui se sont effectivement produits.

Là, dans les tiroirs sans fond de notre mémoire, des bribes de vie, des moments qu’il n’est pas possible de dater, des instantanés sans clefs, des flashs pleins de silences et de sous-entendus, surnagent obstinément dans une lumière d’outre-tombe baignée de reflets inattendus. Univers si proche et si lointain à la fois.

Les gravures de Pablo Flaiszman, fortes de leur mystère, de leur refus de nous livrer sur-le-champ leurs ressorts intimes, me font songer à ces réminiscences d’instants perdus, que le cerveau a conservé avec obstination pendant des années, mais que nulle légende ne vient accompagner, préciser, décrypter. Elles semblent émerger de nos propres vestiges, un peu comme si l’artiste avait eu accès à notre banque de données. A mois, et c’est plus poétique au fond, que les visions qu’il nous invente (au sens de découvrir) dictées autant par la main que par l’esprit, soient issues d’un terreau commun, en lequel il puise à volonté, une sorte de vaste carrière à ciel ouvert où viennent s’agglutiner les mémoires du monde.

Mais qu’importe leur provenance, qu’importe dans quelle contrée inconnue l’artiste les a glanées, ces images se ressentent plus qu’elles ne se déchiffrent. Au diable les analyses de telle ou telle gravure, le pourquoi de comment de la présence de tel personnage, de ce verre renversé sur la table, de ce tableau sur le mur. Plus que par de subtiles hypothèses, ou de toujours hasardeuses explications, les œuvres de Pablo Flaiszman se respirent comme on s’enivre d’un parfum subtil, que l’on cherche à toutes fins à conserver par-devers soi, et dont on a peur qu’il nous échappe. Il y a là dans ce travail impossible à résumer en une phrase, la solitude, l’étrangeté d’un monde quotidien, l’absence, autant de sentiments dont les effluves nous émoustillent les neurones et nous font accéder quelques instants à la connaissance d’un monde – le notre, l’actuel – qui ne se peut d’ordinaire appréhender que par bribes, et fugacement. La gravure est ici un moyen instantané et bon marché de s’ouvrir à d’autres possibles, de pénétrer bien au-delà des apparences, de comprendre en somme que la vie s’écrit de détails et de soupirs, de creux et de pleins, de jours et de nuits, dans un éternel recommencement.

Ludovic Duhamel

Miroir de l’Art #96

 

ANNA MADIA

PEINTURE

DANIELLE BURGART

PEINTURE

DOMINIQUE FOUQUART

SCULPTURE PEINTURE

ETIENNE GROS

PEINTURE

FLORENCE VASSEUR

PEINTURE

IRIS MIRANDA

GRAVURE

KIMO KOPCZYNSKI

PEINTURE

LAETICIA ANDRIGHETTO &
CHARLES MIOT

ARTISTE VERRIER

MARIE CHRISTINE
LAMBERT ARUFFE

PEINTURE

MICHEL ROTY

PEINTURE

CHARLOTTE MASSIP

GRAVURE

CHARLES GROSSIR

PEINTURE

ALCA
ALAIN CASSAIGNE

SCULPTURE

BRUNO BLAIS

PHOTOGRAPHE

PABLO FLAIZMAN

GRAVURE

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